« La crise du logement n’est pas du tout propre à la France, mais s’observe au contraire dans la plupart des économies développées du monde », relève d’emblée Richard Gwilliam, Head of Property Research chez M&G Real Estate et co-auteur de l’étude « Global living in focus: opportunities in housing a generation ». Une première explication de cette pénurie tient dans l’inéluctable marche de l’urbanisation dans les grandes métropoles ainsi que dans une série d’évolutions démographiques. « La population s’accroît à travers la planète, et les zones urbaines deviennent de plus en plus grandes, mais on observe également une croissance importante du nombre de ménages au moment où leur taille diminue, continue-t-il. Davantage de logements sont donc nécessaires pour le même nombre de personnes. » En effet, l’allongement de la durée de vie, l’âge plus tardif où les couples se marient et/ou ont des enfants, ont entraîné une diminution de la taille moyenne des cellules familiales. M&G Investments rapporte ainsi que Melbourne, par exemple, a enregistré un quasi-doublement de son nombre de ménages en l’espace de seulement 20 ans. « Il n’y a franchement pas assez de logements, et cela a contribué à toute une série de défis, abonde Richard Gwilliam. Les 18-35 ans, en particulier, sont aujourd’hui confrontés à des enjeux liés au logement radicalement différents de ceux des générations précédentes, ce qui s’explique notamment par le fait que les économies développées, y compris la France, n’ont en général pas construit suffisamment de logements. »
