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Contre vents et marées

À la première vue du baromètre que nous proposons en partenariat avec STR, cela pourrait ressembler à un encéphalogramme plat. Mais à y regarder de plus près, cela s’apparente davantage à un long fleuve tranquille.

L’hôtellerie reste ce secteur encore épargné par la sinistrose qui s’installe aux coins des quatre murs de l’industrie immobilière. Quand bien même les projections de performances globales ne sont plus aussi mirobolantes. Quand bien même la demande globale se tarit. Quand bien même les incertitudes économiques et le contexte géopolitique affectent le moral des clients.

Plus qu’une croissance remarquable que l’on avait connue au lendemain de la pandémie, c’est la robustesse que viennent chercher les investisseurs dans cette classe d’actifs.

La robustesse de la demande où les consommateurs ont fait du voyage l’une de leurs priorités malgré les périodes de ralentissement économique, malgré l’inflation élevée, malgré l’instabilité géopolitique. La robustesse des prix qui, à taux de change constant, ont augmenté partout dans le monde au cours des 12 derniers mois. La robustesse des modèles, notamment la détention murs et fonds qui montre toute sa pertinence pour coller à une demande plus que jamais volatile.

Tout cela se traduit par des taux d’occupation au plus haut en Europe et des RevPAR qui poursuivent leurs dynamiques de croissance, plus particulièrement en Europe du Sud, mais aussi en France.

La robustesse n’empêche pas la sélectivité. Et les investisseurs ne s’y trompent pas. La marée montante qui portait tous les bateaux s’est transformée en un paysage fragmenté. Comme le souligne Béatrice Guedj, directrice de la Recherche et de l’Innovation chez Swiss Life Asset Managers, nous sommes passés d’un « effet d’allocation » – j’achète une classe d’actifs – à un effet de sélection – je fais du stock-picking.

Aux États-Unis, la lecture du marché de l’investissement est instructive. Au cours des 12 derniers mois, environ 24 à 25 Mds$ d’actifs hôteliers ont été négociés dans le cadre de plus de 3 500 transactions, portant sur environ 309 000 chambres, rapportent les données de CoStar. Peu ou prou le même volume qu’en Europe. Si le nombre de transactions reste bien en deçà des niveaux atteints au plus fort du cycle, le volume total en dollars s’est redressé de manière plus significative, faisant grimper la taille moyenne des transactions même si de nombreux actifs de plus petite taille continuent d’être négociés.

Avec le stock-picking, on en revient une fois de plus à l’actif. Sa localisation. Son positionnement sur le marché. Sa proposition de valeur pour le client final qui déterminera la création de valeur que l’investisseur cherche à cristalliser.

Il est clair que si les vents restent porteurs pour l’hôtellerie, le pilotage de la performance sera à l’avenir de plus en plus fin. Un bulletin météo le plus précis possible est indispensable, et c’est ce à quoi servent les données agrégées de STR. Mais souvent, le bon skipper est celui qui a réussi à embarquer le meilleur équipage.


Article issu du Business Immo Global 225

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