Pour Laurent Gauville, gérant des fonds immobiliers chez Immobilier 21, le centre commercial a traversé plusieurs périodes au cours des 20 dernières années : « Entre 2000 et 2010, les centres commerciaux avaient la faveur des investisseurs et se payaient en multiple de cash-flows à un prix supérieur aux autres classes d’actifs en raison d’une valorisation basée sur la visibilité d’une rente locative assise sur la consommation, considérée très stable. Durant la décennie suivante, la montée du e-commerce a généré un sentiment de marché négatif sur la classe d’actifs en questionnant la pérennité des loyers sur les centres commerciaux, en particulier chez les Anglo-saxons. Une incertitude exacerbée encore plus par les fermetures forcées durant la crise sanitaire. » Pour autant, après plusieurs années de tempêtes, la classe d’actifs semble retrouver aujourd’hui des eaux plus paisibles, continue-t-il : « Depuis le 1er semestre 2021, on peut affirmer que les centres commerciaux ne sont pas morts ; preuve en est, leurs taux d’occupation robustes. Les enseignes trouvent ce format toujours aussi attractif, d’autant plus qu’il offre une visibilité en matière de fréquentation rapportée au loyer qui est très importante. Par ailleurs, le modèle économique du e-commerce est allé davantage vers une mixité des canaux de distribution, de sorte qu’il ne se substitue plus au commerce physique, mais cohabite plutôt avec lui. »
