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L'art de naviguer dans l'incertitude

Business Immo
16 janvier 2026 | 15:20

Toute nouvelle année s’ouvre avec son lot d’incertitudes, d’inquiétudes, mais aussi d’espoirs ou encore de bonnes résolutions qui affectent le moral des décideurs économiques et, par ricochet, les stratégies des entreprises. Qu’en sera-t-il de 2026 ?

Le chapitre français de l’organisation ULI a livré cette semaine quelques premiers éléments sur la perception des acteurs immobiliers au travers de l’étude Emerging Trends in Real Estate qu’il mène avec PwC.

La première réflexion, c’est que l’on analyse les préoccupations des décideurs pour 2026 plus que les opportunités. Il faut reconnaître que ces préoccupations sont nombreuses. Instabilité politique et escalade des conflits apparaissent comme les premiers sujets d’inquiétudes des dirigeants. Pas uniquement en France, mais dans le monde. On ne peut pas dire que l’actualité géopolitique depuis le début de l’année puisse les rassurer.

À tel point que les inquiétudes traditionnelles autour des dynamiques de croissance économique sont reléguées au second plan. Or, quand même, il est là le vrai sujet. Et l’un des panélistes d’ULI l’a résumé en une phrase : « on a besoin de garder les locataires et de leur apporter un vrai service pour leur faire payer plus de loyers ». Les plus sceptiques pourront objecter qu’il faudra d’abord s’évertuer à conserver les cash-flows avant de projeter toute croissance.

L’évolution des attentes des locataires – rebaptisés opportunément « clients » dans l’étude – et leur santé financière sont les deux premiers thèmes clés qui orienteront les stratégies d’investissement des décideurs immobiliers en 2026. Bien avant les grandes tendances que sont les évolutions démographiques ou encore l’irruption de l’IA dans notre quotidien.

Une telle lecture de la part d’investisseurs globaux ne va pas manquer d’inquiéter encore plus ceux qui voient la France s’embourber dans un débat budgétaire qui vire au grotesque, à l’aube d’une fenêtre électorale qui ne se refermera qu’en 2027. Et l’on sait que les élections ne sont jamais des momentums favorables aux affaires.

Aux yeux des investisseurs, la France dispose d’un atout dans sa manche : Paris. En Europe, la région reste au 3e rang du classement d’attractivité de l’étude Emerging Trends, derrière Londres et Madrid. La profondeur et la liquidité de son marché immobilier compensent des perspectives de croissance fragile, voire atone.

Elles restent les premiers arguments pour convaincre des investisseurs qui doivent apprendre à naviguer dans l’incertitude. Sous peine de ne plus rien faire. Un peu comme un lapin pris dans les phares d’une voiture.

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