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Le grand paradoxe

L’industrie immobilière se contracte pendant que les besoins explosent. C’est le terrible paradoxe qui ressort du 10e baromètre d’impact de l’immobilier et de la ville réalisé par la Fondation Palladio et EY.

La filière immobilière représentait 10,8 % du PIB en 2021. Elle en pèse 9,7 % aujourd'hui. Un point perdu en quatre ans, non pas parce que le secteur s'est effondré, mais parce que le reste de l'économie a accéléré pendant que lui ralentissait.

Ce rétrécissement a un coût humain direct : 17 100 emplois nets détruits en 2025. Depuis deux ans, la filière a perdu près de 50 000 postes, concentrés dans ses métiers de production.

Pendant ce temps, les besoins ne font qu'augmenter. À commencer par celui de loger les Français. Le pays produit 276 000 logements par an pour un besoin estimé entre 360 000 selon le gouvernement et plus de 500 000 selon le scénario de l'USH. L'écart ne se comble pas. Il se creuse.

La première industrie française – celle qui touche 100 % des besoins fondamentaux des Français, celle qui est non délocalisable, celle qui irrigue tous les territoires, celle qui est socialement la plus structurante – se contracte faute d’un cadre qui lui permette d’agir à la hauteur des défis économiques, sociétaux, environnementaux. Des enjeux que les dirigeants de la filière ont parfaitement intégrés et pris en compte en dépit des intérêts particuliers de chacun.

Reste à trouver des solutions. Trois grandes lignes d’action se dégagent à la lecture du baromètre.

La demande la plus unanime, c’est de simplifier le cadre réglementaire et stabiliser les dispositifs publics. Pas moins de régulation, mais plus de lisibilité. Plus qu’un choc de simplification, l’immobilier aurait besoin d’un choc de cohérence et de bon sens.

Deuxième piste : orienter les financements là où ils produisent le plus d’effets. Un seul exemple avec la transformation de bureaux en logements. Sans des « mécanismes de péréquation permettant de mutualiser la rentabilité de ces opérations », on ne pourra pas passer à l’échelle, préviennent à juste titre les dirigeants. Faute d’argent public, il ne reste plus que l’arme fiscale. Une arme toujours très délicate à manier.

Enfin, dans les solutions, figure celle de la transition technologique pour regagner de la productivité. Un nouvel éléphant s’est incrusté dans la pièce, c’est l’IA. Deux dirigeants sur trois l’ont identifiée comme un levier d’efficacité opérationnelle. Seulement un sur quatre l’utilisait en 2025.

En attendant de savoir si l’IA est un nouveau poison, un élixir miracle ou un simple placebo, toutes les initiatives permettant de recréer les conditions de confiance, de stabilité et de financement sont les bienvenues pour que la première industrie française cesse de se rétrécir pendant que les besoins, eux, ne font qu'enfler.

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  • Sociétés
    • Fondation Palladio

      Services professionnels, scientifiques et techniques

    • EY

      Services professionnels, scientifiques et techniques

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